Abécédaire du papier ou décryptage du vocabulaire papetier
Le papier est riche d’une histoire et d’une tradition millénaires. Explorez le vocabulaire riche et technique du monde papetier au travers de mots et expressions spécifiques.
Nous vous proposons de découvrir quelques extraits du livre « L’abécédaire du papier, un dictionnaire des savoir-faire » publié par les éditions Pyramyd en début d’année. Ce livre, écrit par Valentine Dubard De Gaillarbois et Tomoko Kawamura, rassemble toute leur expertise dans 160 pages dédiées au papier.
À travers une approche alphabétique, le livre dévoile les secrets de la fabrication et de l’utilisation du papier à travers les âges, offrant une perspective nouvelle et captivante sur cet univers.
Parmi les nombreux savoirs partagés, on y découvre la définition de termes papetiers utilisés au Moulin à papier d’Arches :
Amoureux
« Le papier amoureux est un papier qui convient à l’impression, car il épouse les reliefs des caractères typographiques et accueille volontiers l’encre. Il est légèrement bouffant ou creux pour supporter les déformations et ne doit pas être trop encollé ni trop raide, pour accepter l’encre grasse. »
Bords
« Les bords d’une feuille de papier sont des témoins précieux. Ils disent son histoire, qu’ils soient intacts ou qu’ils aient été coupés de façon franche, avec une lame, ou de façon irrégulière par déchirure, après pliage ou humidification. Les bords déchirés se reconnaissent à la présence de fibres de différentes longueurs. Leur aspect est différent des bords restés intacts qui portent des barbes. »

Bord frangé naturel ou barbe d’un papier ARCHES®
Eau
« L’eau est indispensable à la fabrication du papier. Elle participe à toutes les étapes de préparation des fibres, elle sert ensuite de vecteur au moment de la formation du matelas fibreux avant d’être éliminée progressivement. »
Épair
« L’épair révèle l’organisation des fibres dans toutes les dimensions : sur la surface et dans l’épaisseur de la feuille. Il s’observe par transparence, comme l’indique la terminologie anglaise : look-through. »
Le fil d’eau est une surépaisseur cousue sur le plan filtrant de la forme ou intégré à la toile de la machine pour créer une séparation par une ou des lignes en relief… À l’emplacement des fils d’eau, le matelas fibreux est plus fin, car les fibres n’ont pas pu se déposer dans toute l’épaisseur, et les faiblesses, ainsi créées, permettent de déchirer facilement le papier le long de ces lignes. Après séparation par déchirure, les bords des feuilles présentent de petites irrégularités. Ce sont des barbes. »
Ligne d’eau
« Sur la machine à papier, on appelle ligne d’eau le moment où la surface du matelas fibreux passe de brillante à mate. Ce changement d’aspect signifie que l’égouttage de la suspension fibreuse est suffisamment avancé pour que les fibres aient perdu leur mobilité et qu’elles aient été fixées dans le matelas fibreux. Le grammage de la feuille est obtenu à ce moment-là, à la fin de la zone de formation. »

Linters de coton
« Les linters sont les fibres qui restent après l’égrenage sur les graines de cotonnier. Ce sont les déchets* qui sont recyclés dans le papier ou dans d’autres industries. Les fibres des linters sont plus courtes que celles des textiles de coton.»
* précieux
Raffinage
« Le raffinage est un traitement mécanique des fibres végétales pour obtenir de la pâte à papier. Il modifie les propriétés mécaniques, optiques, d’état de surface et d’imprimabilité des papiers. Les raffineurs agissent par compression et cisaillement des fibres. Ils provoquent un délaminage des couches entre elle, comme si des gants successifs étaient ôtés d’une main. Cette action permet de libérer des fibrilles et d’accroître les possibilités de liaison de ces dernières, aussi bien entre elles qu’avec les fibres…»

Extrait du livre « L’abécédaire du papier, un dictionnaire des savoir-faire »
Côté feutre – Sur l’image du haut, vue en lumière frontale, le filigrane est en creux : c’est le côté toile. Sur l’image du bas, la même feuille est vue retournée en lumière transmise ; Les contours du filigrane y sont moins précis et ce dernier n’est pas en relief : c’est le côté feutre. La lisibilité du filigrane et la profondeur du creux indiquent que le papier a été fait sur une machine à firme ronde. Papier Johannot.