ARTIVIEW by ARCHES® Yalhma ROBETTE, designer éco-sociale sensible aux histoires rurales

© Yalhma Robette
Présentez-vous brièvement
Je suis Yalhma Robette, designer éco-sociale. J’ai grandi dans le Var et j’ai fait mes études dans le Nord de la France, à l’École supérieure d’art et de design de Valenciennes. Ensuite, j’ai commencé mon parcours ancré en ruralité par une résidence de dix mois dans le Massif central, à Ambert. Je viens d’achever une résidence dans les Vosges.
Quels sont les sujets qui vous inspirent ?
De manière générale, je m’interroge sur les enjeux écologiques et sociaux du design ancrés en ruralité. C’est à partir d’une méthode collaborative et contextualisée, en coopération avec les acteurs locaux et les habitants, que j’essaie de repenser les relations entre l’humain, l’environnement et les objets qui nous entourent, tout en valorisant le patrimoine spécifique au territoire dans lequel je me trouve. Les sujets qui m’inspirent sont souvent les histoires locales, particulièrement celles qui touchent les femmes. C’est à travers une démarche sensible que je cherche à offrir une nouvelle vision de nos ruralités et de notre patrimoine (matériel et immatériel), en invitant à une réflexion collective et profonde sur notre manière de vivre et de coexister avec notre environnement. J’aborde également des thématiques comme les feux de forêt ou encore notre rapport à l’eau, quand cela a du sens pour le territoire.
Parlez-nous de l’Almanach de la Vôge-les-Bains ?
Lors de la résidence de territoire à la Manufacture Royale de Bains, j’ai réalisé un almanach sur les anecdotes de La Vôge-les-Bains. L’idée est arrivée après l’arpentage du territoire, où j’ai pu rencontrer beaucoup d’habitants, qui avaient tous des histoires plus ou moins farfelues à raconter sur la commune. La Vôge-les-Bains est une commune nouvelle qui regroupe Harsault, Hautmougey et Bains-les-Bains, et il était intéressant de faire se rencontrer toutes ces anecdotes. Il prend la forme d’un calendrier perpétuel, qui s’invite dans l’intérieur des gens. Chaque page correspond à un mois ; la feuille est divisée en plusieurs cases, avec une anecdote par case. La plupart des cases sont remplies, mais certaines restent vides afin de laisser les habitants les remplir par une anecdote personnelle ou bien une qui n’est pas encore arrivée ! L’objet a été imprimé en riso à l’ÉSAL d’Épinal.

Manufacture Royale de Bains
Pouvez-vous expliquer le procédé d’impression riso ?
La risographie (ou riso) est une technique d’impression japonaise alliant les principes de la photocopie et de la sérigraphie : elle en reprend l’esthétique de la sérigraphie et la rapidité de la photocopie. Chaque couleur est imprimée séparément à travers un pochoir, appelé
« master ». Ces superpositions créent de légers décalages, forment des mélanges uniques et donnent aux tirages une esthétique vivante et artisanale. C’est une impression à froid avec des encres végétales, donc écologique et économique pour les moyennes séries. Cette technique a été initialement utilisée par les écoles, les églises, les prisons et les partis politiques ; elle est aujourd’hui très répandue dans la microédition (affiches, fanzines, projets artistiques), grâce à ses particularités : couleurs intenses (parfois fluo), texture granuleuse et variations d’un exemplaire à l’autre.

Pourquoi avez-vous choisi le papier ARCHES® Expression pour ce projet ?
L’objectif de cette résidence de territoire est de fédérer différents acteurs d’un même territoire avec les habitants. Le papier ARCHES® Expression représente un savoir-faire historique de la région, avec une qualité remarquable. Ce papier s’est donc imposé de lui-même. Par ailleurs, il est tout à fait adapté à l’usage : il ne jaunira pas dans le temps, il permet une absorption optimale pour le procédé d’impression, et son léger grain rajoute du caractère à l’impression.


Avez-vous d’autres projets en cours ou à venir ?
Oui, je viens de finir une autre résidence dans les Alpes-Maritimes, portée pour les Ateliers Médicis, sur le projet “La menace du feu”, qui a pris la forme d’une enquête collective avec une classe de CE2-CM1 et d’une installation dans l’espace public pour sensibiliser les enfants et les habitants sur ce sujet malheureusement d’actualité. Pour les projets futurs, je vais débuter une résidence en Nord-Picardie sur les questions autour de l’eau.

